Henri Cachau

Écrivain, Peintre et Sculpteur

Du sort…

Lui-même inconstant

Le sort vacillera sur son erre

Ne saura du lendemain projeté

Poursuivre sur la lancée d’une ère

Momentanément encalminée…

Car il est toujours temps

Avant que l’avenir ne s’assigne

Suspendre de vains dieux

Non seulement l’ire mais le signe

Avant-coureur de destinée…

Celle que suspicieux

En d’inexplicables options

Ces bienfaiteurs nous assènent

Confondant ellipses et lunaisons

Selon nos liaisons…

Car il est toujours temps

En cette heure où les vœux courent

D’un manquement à leurs idéaux

Modifier ces trajets qui concourent

A des cieux infernaux…

Ex-voto…

Vrai dédicatoire de conformités sises

L’ex-voto implique de vos charmants détours

Cette conjugaison de connivences éprises

Leurs variances s’ourlant d’ambivalents contours…

Vous moquez nos plaisirs mais en auriez-vous d’autres

Le confort de vos reins n’épousant que les nôtres…

Sur l’image à l’arrêt vos nudités soumises

Variables antiennes apparemment forcloses

D’indiscrets quiproquos et aux vertus requises

A de vils saccages les mâles prédisposent…

Vous piquez nos désirs l’avenir c’est bien l’autre

Le remords des amants n’occultant que les vôtres…

Resserre ou ex-voto de vos plaisants atours

Ce zapping nous propose simple mignardise

Au casuel secret de conjugaux discours

Une luxure entendue fréquemment admise…

Vous moquez nos plaisirs mais en auriez-vous d’autres

Le confort de vos reins n’épousant que les nôtres…

Ce rosaire instinctif sustente l’à-propos

De doux instants majeurs soumis aux convoitises

Lorsque égrenant ces grains constellant votre dos

L’empire de nos sens subit leur entremise…

Vous piquez nos désirs l’avenir c’est bien l’autre

Le remords des amants n’excitant que les vôtres…

Heureuse époque…

Ah si de nos folies nous vivions l’aventure

Nos vies d’espaces sidéraux s’entrouvriraient

Et de ces promontoires là-haut sur nos toitures

D’idéaux desseins nos esprits se peupleraient…

Si de nos espoirs nos fredaines nostalgiques

Sans remords en poursuivions les plus doux sentiers

Comme moulins ou norias nos cœurs sans viatique

Unis nous enjoindraient à ce commun chantier…

De nos farces et velléités palinodiques

De leurs mensonges pieux et vains ressentiments

De leurs codes secrets dits déontologiques

Si nous en assemblions brûlions leurs jurements…

De ces bûchers l’alchimie de nos séditions

Régénérerait nos faux semblants et tabous

Là-bas embraserait l’ancestrale faction

Agenouillée vaincue déjà la corde au cou…

Celui…

Moi je les croyais ces instits en blouses grises

Qui à l’école où j’allais m’avaient enseigné

Malgré leurs préventions concernant notre Église

Qu’un astre bienveillant sans cesse baignerait…

Villes et départements jusqu’à nos colonies

Et moi benêt rêveur de ces trop belles histoires

Sans ‘moufter’ j’en gobais les pires vilenies

A peine en recensé-je les communs déboires…

Durant ce temps de l’alphabet de la lecture

Celui de l’arithmétique des bâtonnets

Du calcul mental loin d’être une sinécure

Celui des participes et nombreux imparfaits…

Le temps des découvertes et ultimes retouches

Celui des ralliements des incivilités

Celui des fausses alarmes des escarmouches

Celui de l’azerty…

Celui fastidieux consacré aux écritures

Rébarbatif des lettres de motivation

Celui du déplaisir s’affichant en factures

Sommant le citoyen d’en régler l’addition…

Malgré les rescousses d’écrivains de poètes

Celles de Verlaine et plus proche de Toulet

La mainmise du temps qui bien sûr se répète

Signala de ces voies les sombres bas-côtés…

L’apprentissage en somme est un choix de raisons

Très claires au début s’assombrissant sur le tard

Lorsque insinuantes leurs vaines objurgations

Sans quitus nous enjoignent à délaisser nos parts…

La chenille…

Malgré mille pattes la chenille en rampant

Se hisse avec grand-peine au-dessus des parterres

Encore heureux que ce futur lépidoptère

S’adjoigne des ailes en se démultipliant…

Sa chrysalide chue vint la ‘mariposa’

Légère et ingénue revêtue d’arc-en-ciel

Inspirée par des sucs d’odoriférants miels

A folâtrer se prit puis se prédisposa…

Pleine se remplit ma plaine de papillons

Mais les foins sont coupés la saison déjà close

Leur vol s’en ressentit la nature forclose

Enrôla insoucieux et le Dniepr et le Don…

Ils viennent disparaissent aspirent à des lieux

Une fois accomplies leurs voltiges spatiales

Pas de deux déjetés ou parades nuptiales

Puis s’éclipsent en vol en subtils camaïeux…

Sont-ce leurs battements fragiles ou cadencés

Cet incessant ballet de trompes qui prospectent

Cette inconcevable légèreté d’insectes

Qui font à notre insu croître les graminées…

Virevoltent tous ces anciens processionnaires

Devenus phalènes bombyx ou machaons

Des rives de Garonne et du Dniepr et du Don

Tôt ou tard pourchassés car requis aux bestiaires…

Papillon vole mais rabattant son filet

Sus à leurs courses erratiques toutes inutiles

Se surprend le chasseur à penser au futile

Dessein concourant à ce bref articulet…

Printemps…

Des saisons il y avait eu

De vraies de belles

Avec de la lumière

En abondance

Et des filles

Jolies…

Aussi

Du fond de nos terriers

Par le froid et l’âge engourdis

Perclus de frimas hivernaux

Infernaux

Refroidissement grippe pneumonie

En convoquant

Contes à dormir debout

Félibriges éculés

En usant et abusant

D’astuces de ficelles

D’amères médications

Croyions-nous vraiment

Du virus nous prémunir…

Aussi à cet instant

Où la lumière renaissante

D’un pinceau mordoré

Occultant les mortifères stratégies

D’un général satrape

Nous rappelle à la vie

A quoi serviraient ces veillées

Sinon à ressasser d’un passé lointain

Albums et vieux clichés en témoignent

Ces périodes où

Malgré la boiterie des saisons et des êtres

D’abondance nous fûmes heureux

En outrepassant frimas

Grippe et pneumonie…

Hélas c’est toujours au printemps

Lorsque renaît la lumière

Que la mort nous rattrape

Par refroidissement…

Répétitions…

La nuit le jour

Les lunaisons

Les marées les équinoxes

Du carême à l’avent

Ces quatre saisons

A mon goût (trop) orthodoxes

Dont on nous rebat…

Du levant au ponant

Du lever au coucher

Ça va ça vient

Métro boulot

Jamais ne cesse

Travail famille

Et l’on doit à confesse

A la patrie contrition…

Ont-elles si peu d’idées

Puisqu’elles radotent

Recourent aux mêmes histoires

A contretemps nous obligent

Passant de l’avant à l’après

Le présent n’existant pas

A nous risquer dans des

Dépassements superfétatoires…

Si nous n’étions mortels

Combien nous lasseraient

Leurs allers-retours

Leurs fastidieuses répétitions

Dont notre cœur ignore

Leur prédestination…

Mais Gaïa

Plus dévoreuse d’hommes que d’espace

Repique dans le plat

Sachant que ce qui fut

Recommencera…

Gogos…

Souvent pour frimer les gogos à héritage

S’en vont aux casinos en bordure de mer

Sans compter y dépensent au risque d’un naufrage

Le pécule amassé par leurs parents diserts…

Les pieds-de-nez du sort ne les inquiètent guère

Crésus sur sa lancée gênés au ramassage

La roulette à leurs yeux ressemble à ce naguère

Où choyés des mamans ils prendraient l’avantage…

Mais allons-nous les plaindre si sur son passage

La destinée confondant riches et pauvres hères

A leur sortie de boîte et au premier virage

Les abandonne aux mains d’une sotte héritière…